«  A coeur ovale » de Christian Jean et de Thomas Bianchin est un miracle. Un miracle de tendresse, d'empathie, de bienveillance. Il n'aurait jamais du exister, or il est là entre vos mains, objet magique, talisman, machine à remonter le temps, à remonter les émotions du fond de nos souvenirs les plus lointains. Il opère via l'écriture enluminée de Christian Jean et les photographies noir et blanc de Thomas Bianchin. Ces deux-là étaient faits pour se rencontrer tant le travail de l'un magnifie celui de l'autre et vice versa.

D'abord laissez vous gagner par la beauté des attitudes, des visages, des corps, des gestes. A-t-on vu plus beau que la larme sur la joue de Yannik Nyanga ? Et ces enfants qui font cercle ? Après cet échauffement neuronal vous êtes prêts pour le grand plongeon dans les textes de Christian Jean. Et là, le choc ! Celui des mots. Ecrire n'est pas le métier de Christian Jean, c'est une passion qu'il s'est découvert par le plus grand des hasards. Au détour des malheurs du FC Grenoble au printemps 2005 en tchatant sur le site fcgsupporters.com. De passes en rebonds Christian Jean c'est fait un nom sous le pseudo de Pierrot la Tombal (vous comprendrez plus loin pourquoi) tant ses propos touchaient juste au plus profond de chacun qui a nourri un jour ou l'autre un intérêt pour le rugby.

Le métier de Christian Jean, celui avec lequel il fait bouillir la marmite, c'est celui qu'il a hérité de son père et qu'il perpétue, c'est marbrier. La matière qu'il taille, sculpte et polit d'abord c'est le marbre. Et depuis quelques mois, ce sont les mots qu' il s'est mis à ciseler. Et c'est un enchantement ! Vous riez, souriez, pouffez. Mais tout aussi bien l'instant d'après il vous tire une larme. Christian Jean parle du rugby, du jeu de rugby comme personne. Les anecdotes qui fournissent la trame de chaque historiette sont authentiques, la plupart vécues par lui. L'alchimie des mots et des images donne une force incomparable à ce livre que je vous invite à lire de toute urgence.

Francis LARRIBE/Midi Olympique